Damnés, Tome 1 / Lauren Kate

Damnés T1Luce est une jeune fille de classe moyenne a priori sans histoires mais elle doit quitter son lycée de Dover pour un centre de réinsertion. Encore traumatisée par l’accident qui l’a conduit dans cet endroit, elle est désespérée de se retrouver dans ce lieu sinistre et coupé du monde. Elle va rapidement faire la connaissance de quelques élèves à la personnalité bien trempée et surtout repérer Daniel et Cam, aux attraits… troublants.

Le décor est bien planté dans ce quasi huis-clos du centre de réinsertion. Les lieux sont sinistres et inquiétants. Si l’on s’attarde sur les descriptions, elles peuvent sembler caricaturales et attendues mais j’ai trouvé que cela donnait du caractère à ce lieu. Il est à l’image du désordre intérieur de Luce et on s’habitue comme elle à ce centre un peu glauque.

Le premier chapitre, qui se passe avec d’autres personnages à une autre époque, nous donne de sérieux indices sur les évènements qui arrivent à Luce (la quatrième de couverture aussi, pourtant il n’y a que quatre mots, un peu dommage…). Malgré cela, j’ai fini le livre dans la journée et j’ai regretté de ne pas avoir pris la suite avec moi ! Les personnages secondaires sont intéressants, bien frappés pour certains, et participent vraiment à étoffer l’histoire. S’il y a peu de suspense à propos de Luce et Daniel, on se pose plus de questions sur les autres et l’on ne sait pas trop à qui se fier.

La série est en quatre tomes et je pense que je vais vite récupérer la suite !

Nos âmes seules / Luc Blanvillain

Nos âmes seulesClément travaille à La Défense dans une entreprise d’informatique appelée Vogal. Il s’investit entièrement dans sa carrière, mobilisant toute son énergie à être le plus performant. Il trouve soutien et conseil auprès de sa copine Myriam, toute aussi investie dans le travail. Meryl est une jeune fille angoissée, hypocondriaque et névrosée. Paralysée par la peur, elle survit plus qu’elle ne vit. La jeune Meryl est bien loin des codes sociaux tandis que Clément est formaté par son environnement professionnel. Ils vont se croiser par hasard un jour dans les locaux de Vogal. Cette rencontre qui semble anodine et éphémère va prendre une toute autre tournure.

Après des romans pour la jeunesse, Luc Blanvillain nous propose une incursion dans le monde du travail actuel. Il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher aux personnages et entrer dans l’histoire. On cerne assez rapidement leur caractère mais l’ambition de Clément et la névrose de Meryl ne m’ont pas tout de suite mise en empathie… Néanmoins, on se prend au jeu : on est intrigué par la tournure que prennent les évènements, on s’habitue au double langage qui règne chez Vogal et on tente de décoder les intentions des uns et des autres. Je suis tout de même un peu restée sur ma faim. Le dénouement reste très ouvert, laissant beaucoup de questions en suspens. En général, j’aime bien quand l’auteur nous laisse une petite « marge d’imagination ». Mais la marge est vraiment large ici et je me suis sentie un peu abandonnée par les personnages ! Malgré ces petites déceptions, c’était une lecture agréable, surprenante et intéressante.

Profession du père / Sorj Chalandon

Profession du père

Sur la fiche de renseignement distribuée à la rentrée des classes, Émile ne sait ce qu’il doit renseigner : agent secret, conseiller du général de Gaulle, ancien chanteur… ? Dans cette famille dominée par un père paranoïaque, violent, mythomane, Émile dit Picasso tente de grandir et se construire tout en cherchant à faire la fierté de son père. Lorsque la guerre d’Algérie éclate, il sera alors élevé comme un membre de l’Organisation, un rebelle, par son père. Entraînement et missions rythment la vie du collégien.

Ce roman autobiographique n’est pas écrit avec haine, colère ou amertume. Malgré les épreuves traversées et les marques laissées par cette éducation, l’auteur nous raconte son histoire avec paix et sérénité. À la lecture, on ressent qu’il ne s’agit pas d’un règlement de comptes ou d’un « livre-thérapie ». C’est un homme marqué bien sûr et avec de terribles bagages mais apaisé. L’apitoiement n’a pas sa place dans l’écriture mais l’émotion est bien présente. C’est une histoire saisissante d’une enfance volée. Saisissante par la violence de ce quotidien mais aussi par l’amour de ce petit garçon pour ses parents, envers et contre tout. Un beau roman de la rentrée littéraire à découvrir.