Trööömmmpfff ou la voix d’Elie / Piret Raud

Trooommmpfff

Tout le monde a une voix : les arbres murmurent, la mer hurle et même la pluie chante. Tout le monde sauf Elie qui reste muette. Un jour, Elie trouve sur la plage un étrange objet. Intriguée, elle commence à l’inspecter, le tourne dans un sens puis dans l’autre et…. Trööömmmpfff ! Elie est surexcité : l’instrument lui permet enfin de s’exprimer ! Tout le monde vient entendre cette voix si particulière. Elie est ravie mais elle apprend que l’instrument appartient à quelqu’un d’autre.

Les éditions du Rouergue nous propose un nouvel album tout en douceur sur la musique et les sons, la différence entre le bruit et une mélodie. Les illustrations sont à l’encre et entièrement en nuances de gris et les lettrages dans le même orange vif que sur la couverture. La sobriété de la mise en page met vraiment en valeur ces illustrations très fines. La douceur qui se dégage de cet album s’accorde tout à fait avec la poésie de l’histoire. Une jolie découverte avec cet album que vous aurez envie de partager avec les grands et les petits ! Je remercie Babelio et les éditions du Rouergue pour cet envoi dans le cadre de la Masse critique Jeunesse.

Album dès 5 ans
A paraître en avril 2016

Publicités

Rock war, Tome 1 / Robert Muchamore

Rock war T1

Jay a monté un groupe de rock avec ses amis d’enfance. Issu d’une famille très nombreuse, il peine à se faire une place. Pour lui, la musique n’est pas un simple passe-temps. Mais ambition et amitié ne sont pas toujours faciles à concilier. Summer est une jeune fille discrète. Elle vit avec sa grand-mère malade dans une cité de la banlieue londonienne. Elle va se faire remarquer par une de ses camarades de classe, plutôt indisciplinée, qui cherche une chanteuse pour son groupe. Dylan, quant à lui, vit dans un pensionnat coté pour garçons. Cherchant à fuir désespérément les entraînements sportifs, il essaye d’intégrer l’orchestre de l’école. Malgré sa nonchalance, la musique semble avoir beaucoup d’importance.
Ces trois ados ne se connaissent pas mais partagent la même passion pour la musique. Ils vont tout faire pour que leurs groupes soient au top.

Je suis passée par plusieurs étapes avec ce roman ! L’auteur prend vraiment le temps de présenter les trois personnages principaux, leur histoire et leur environnement. On entre vite en empathie avec Jay, Summer et Dylan. Les personnages secondaires, très présents, sont également bien campés. Ils sont tous relativement jeunes, la plupart ayant une douzaine d’années. Si vous faites abstraction de cette information, vous leur donnez facilement 16 ans. En effet, leur façon de s’exprimer et leurs préoccupations m’ont semblé en léger décalage avec leur âge. Rien de dramatique pour autant : les personnages sont attachants et on aimerait bien les entendre jouer !
Le petit bémol que je pourrais avoir porte plutôt sur le rythme. J’ai trouvé la mise en place un peu longue et je me suis plusieurs fois demandée à quel moment on allait sauter dans le grand bain. C’est dommage car la fin du roman est plus pêchue et donne envie de lire la suite de leur aventure musicale.
Malgré cela, ce premier tome de Rock war annonce une série sympa pour les ados avec de la musique à tous les étages ! Le rock est leur maître mot et la musique leur bouffée d’air dans un quotidien pas toujours facile. Je remercie Babelio et les éditions Casterman pour cet envoi qui m’aura enfin permis de lire un roman de cet auteur !

Challenge jeunesse

Challenge Jeunesse & Young Adult #5 : 5/20

Pretty girls / Karin Slaughter

Pretty girls

D’abord une lettre. Celle d’un père dont la fille a disparu et qui cherche envers et contre tout la vérité. Puis Lydia, une femme d’une quarantaine d’années dont la vie est plutôt paisible au vu de son passé chaotique mais qui garde une blessure immense causée par la perte d’un être cher. Enfin, Claire, femme de classe aisée, bien sous tout rapport, mariée à un homme tendre et attentionné. La seule ombre au tableau : Claire est sous contrôle judiciaire pour agression. Un évènement va rassembler les deux femmes après des années de séparation : l’assassinat du mari de Claire. Un voile va se lever et les révélations ne feront que commencer…

Karin Slaughter signe un thriller psychologique dans lequel les liens familiaux seront soumis à rude épreuve et la confiance entre les personnages malmenée. Claire va de découverte en découverte et s’enfonce progressivement dans l’horreur. La tension monte doucement mais sûrement jusqu’à un rebondissement inattendu qui va complètement redistribuer les cartes. Je me suis complètement faite avoir et j’ai du reposer le livre quelques instants pour que l’idée fasse son chemin ! Si Claire ne sait plus à qui elle peut se fier, nous sommes nous même en tant que lecteur sur le qui-vive et la méfiance est de mise. Mais attention, il n’y a pas que le suspense qui soit au rendez-vous et les âmes sensibles devront s’accrocher un peu. L’intrigue ne se fonde pas seulement sur la violence mais les scènes de torture sont assez éprouvantes. Néanmoins, l’auteure a suffisamment bien réparti ces passages afin que cela soit supportable pour les petites natures comme moi.

J’aurais un simple petit bémol pour la toute fin qui m’a semblé en léger décalage avec le reste du roman mais je n’en dirai pas plus au risque de donner une piste aux futurs lecteurs ! Si vous êtes adeptes de thriller, vous pouvez vous lancer sans hésiter. Pretty girls m’aura fait passer un bon moment glaçant et angoissant ! Un grand merci Babelio et les éditions Mosaïc pour cette lecture et la belle rencontre organisée avec l’auteure.

 

Pour l’anecdote : j’ai eu la chance de rencontrer Karin Slaughter grâce à Babelio. Elle nous a alors raconté que l’idée de ce roman lui était venue suite à un rêve. Au réveil, elle avait les 50 premières pages ! Je ne suis pas certaine de vouloir faire des rêves aussi angoissants mais quelle imagination. 🙂

Les âmes et les enfants d’abord / Isabelle Desesquelles

Les âmes

Nous côtoyons la misère au quotidien. Dans le métro, dans la rue, devant des magasins… Faisant la manche ou restant là, à chercher un peu de chaleur ou une ombre pour se protéger. On circule au milieu du malheur, sans vraiment y prêter attention, par habitude. Une femme va sortir de cette indifférence malgré elle. Face à une mendiante à Venise, elle va se prendre de plein fouet la réalité et la violence de cette misère. Suite à cette image, elle se questionne, notamment à propos de son fils pour qui la pauvreté est à hauteur des yeux.

La misère est à exacte hauteur des enfants. On vit avec. Avant même qu’ils ne sachent lire et écrire, ce que nous offrons à ceux que nous élevons, c’est la pauvreté à hauteur de leurs yeux. A bonne hauteur… elle ne le sera jamais.

C’est un roman très court qui m’a laissé une impression étrange. On peut s’identifier facilement aux questionnements de la narratrice dans la mesure où l’on réalise parfois que cette misère fait désormais partie du décor, que l’habitude a pris le pas sur la révolte. Pour autant, certaines réflexions ou réactions sont parfois violentes. Dans ces moments, il est difficile de s’identifier et rester en empathie, même si l’absence d’indulgence envers elle-même en fait justement un roman juste, vrai et sincère. L’éducation est aussi évoquée par l’auteur : « La misère est partout. Mais apprendre à nos enfants à vivre avec, n’est-ce pas là le crime originel ? ». Les remarques de son fils viennent apporter un peu d’innocence dans ce texte et cela donne une petite bulle nécessaire à la lecture. Un souffle de bonté qui nous donne envie de croire que tout n’est pas perdu. Même si le quotidien vient vite faucher ces pensées si pleines de bon sens des enfants, elles sont quand même présentes. En moins de 100 pages, l’auteure nous offre un roman qui fait réfléchir, qui vient nous bousculer dans notre confort et notre indifférence.

Nous sommes deux / Marianne Rubinstein

Nous sommes deux

Dans la famille Bricourt, je demande les jumeaux. Emma et Axel, trentenaires, se retrouvent chez leurs parents pour leur annoncer une bonne nouvelle : ils vont tous deux se marier. Emma avec Marc Cohen, Axel avec Philippine de Langles. Commence alors un tour d’horizon des trois familles avec chacune leurs secrets, leurs douleurs et leurs principes. Comment être heureux quand votre famille est touchée par un évènement douloureux dans le même temps ? Comment rester entier tout en faisant des concessions pour l’autre ? Comment être soi quand on a toujours été deux ?

 Le récit navigue entre les différents personnages et quelques souvenirs d’enfance d’Axel et Emma. Ces souvenirs sont souvent très courts mais donnent beaucoup de sens à la relation qu’ils entretiennent désormais. Si Axel a pris ses distances depuis un certain temps dans cette relation, Emma reste très fusionnelle et accorde beaucoup d’importance à la gémellité, ce qui aura plus d’impact sur son couple.

J’ai mis un peu de temps à situer tous les personnages au début de ce roman… Nous n’avons pas encore les prénoms de tout le monde mais chaque séquence commence par le nom de la personne et la date. Cela demande donc une petite gymnastique pour situer les uns par rapport aux autres. Malgré cela, on s’y fait rapidement et les caractères bien différents de chacun y aident beaucoup. Je dois avouer que la vision du couple n’est pas présentée ici sous son meilleur jour. Mensonges et infidélités sont présents à tous les étages ! Du côté des parents, l’auteure met l’accent sur l’effet du temps. Chaque personne y réagira différemment bien sûr selon sa personnalité, son vécu, ses doutes et ses questionnements. Mais les jeunes couples ne sont pas épargnés pour autant, et subissent eux aussi quelques remous… Je pense que chacun pourra se retrouver dans ces réflexions, toutes différentes mais aussi actuelles.

La lecture est fluide grâce à un récit bien rythmé. Aucune séquence n’est inutile et les évènements s’enchaînent rapidement. Je ne suis pas déçue d’avoir retrouvé Marianne Rubinstein pour son deuxième roman qui m’a plu davantage que Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Un grand merci à Babelio et leur opération Masse critique ainsi qu’aux éditions Albin Michel qui m’ont permis de passer un agréable moment de lecture !