Petit pays / Gaël Faye

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Reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée littéraire #MRL16 de Price Minister

Gabriel vit en France mais son cœur est resté au Burundi, son pays d’origine. Toujours la tête là-bas, il revient sur son enfance dans ce pays d’Afrique où tout sera bouleversé. Sa famille d’abord avec la séparation de ses parents. Son pays ensuite rattrapé par les guerres ethniques qui dévastent le pays voisin, le Rwanda.

 Après une lecture à la thématique difficile, je craignais un peu d’enchaîner avec ce roman sur le génocide du Rwanda. Les premières pages m’ont tout de suite fait oublier ces inquiétudes. La poésie du texte déjà est un voyage. On sent l’odeur des fleurs, le goût de la mangue, la poussière sur nos visages et le soleil qui nous réchauffe. Le bonheur de Gabriel petit garçon est contagieux. On découvre le Burundi avec des yeux d’enfants mais surtout on retourne au pays de l’enfance. Et je pense que c’est la thématique principale de ce roman : la nostalgie de l’enfance. Gabriel nous raconte tous les petits plaisirs : les bêtises avec les copains de l’impasse, les couleurs de son jardin, les saveurs des gourmandises… Mais il nous dévoile aussi la perte petit à petit de l’innocence. La famille sera le premier bastion à tomber avec la séparation de ses parents. Gabriel garde d’ailleurs toujours l’espoir qu’ils se réconcilient. La politique ensuite entrera en jeu et aura beaucoup plus de conséquences qu’il n’imagine sur sa vie.

Les tensions ethniques sont présentes mais Gabriel les vit de loin par sa position privilégiée et la protection de son père. Mais le génocide du Rwanda va tout ravager et les pays voisins vont s’enflammer. Malgré la volonté de son père de laisser les enfants en dehors de la politique, la guerre civile qui éclate au Burundi va les toucher au plus près. La famille de sa mère est rwandaise et ne donne plus de nouvelles. Le personnel de maison ne peut plus venir certains jours en raison de la violence dans les rues. Jusqu’au jour où Gabriel sera plongé au cœur de cette folie.

 Je pense que ce roman mérite vraiment l’engouement qu’il suscite dans les médias et sur la blogosphère. Il fait partie de ces romans que vous lisez d’une traite et que vous avez un peu de mal à quitter à la fin. J’en garde un goût de mangue, une poésie, de la nostalgie, des rires d’enfants et la peur de grandir…

 On ne dira rien du pays en eux. La poésie n’est pas de l’information. Pourtant, c‘est la seule chose qu’un être humain retiendra de son passage sur terre.

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4 réflexions sur “Petit pays / Gaël Faye

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