Le parfum de l’hellébore / Cathy Bonidan

Parfum de l'hellebore

Nous sommes à la fin des années 50. Anne est une jeune fille de bonne famille envoyée chez son oncle et sa tante à Paris suite à des écarts de conduite. Elle va travailler dans le centre psychiatrique pour enfants dirigé par son oncle en plus de ses cours du soir et y faire la rencontre de nombreuses personnes dont Béatrice, une jeune adolescente anorexique, Gilles, un enfant autiste et Serge, un jardinier taciturne mais qui semble avoir un contact étonnamment facile avec les malades.

Le sujet de ce roman est loin d’être facile et léger mais il est empreint d’une grande humanité. La première partie du roman se compose des lettres d’Anne à sa meilleure amie ainsi que des extraits du journal intime de Béatrice. Ce choix d’un point de vue subjectif et fragmenté est très réussi. Nous n’avons pas de narrateur omniscient. Nous n’avons que la vision de ces jeunes filles. Elles sont encore jeunes. Béatrice a un regard particulier sur ce centre : elle y est en tant que patiente mais nous explique que c’est un choix. Anne est encore une jeune fille et a cette fougue de la jeunesse. Une fougue rafraîchissante.

Une deuxième partie vient donner un tout autre chemin au récit. Nous revenons cette fois à une construction plus classique. Nous suivons Sophie, une jeune femme qui prépare une thèse sur les conditions d’internement des adolescents dans les centres psychiatriques du siècle dernier. Le hasard des rencontres va la mettre sur les traces des patients du centre Falret. J’ai quitté la première partie avec une pointe de regret, tant je mettais attachée aux deux jeunes filles et à leurs mots. Mais mon intérêt n’a pas faibli pour autant ! Nous allons entendre d’autres voix, avoir d’autres points de vue sur cette époque.

Je dois avouer que j’ai eu un peu peur également lorsque Sophie a rencontré deux frères qui vont beaucoup l’aider dans ses recherches. Les sous-entendus sont suffisamment clairs pour que l’on sente qu’il y a anguille sous roche. Je trouvais ce récit parfait sans histoire d’amour et j’avais peur que les sentiments de Sophie viennent parasiter le cœur du sujet. Heureusement, mes craintes étaient infondées ! Les états d’âme de Sophie sont présents mais restent toujours en arrière-plan sans prendre le pas sur le reste. Et surtout le dénouement de cette part de l’histoire est relié au sujet principal. L’équilibre était vraiment très bien trouvé et surtout aucune piste lancée ne l’était au hasard.

Ce roman m’a beaucoup touchée. Je l’ai trouvé juste et pudique. Décrire le quotidien d’un centre psychiatrique pour enfants ne doit pas être chose aisée et je trouve que le défi a été relevé haut la main. La maladie y est abordée sans détours, avec franchise et respect. Les personnages sont extrêmement attachants, avec une mention spéciale pour Anne et Béatrice. Malgré la violence et la tristesse de certaines situations, une impression de douceur m’est restée à la fin de ma lecture. A découvrir !

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